Mieux manger, ce que ça implique vraiment – partie 1 le prix.

Coucou! Me voilà de retour après une loooongue absence… Mais voilà il y a quelques temps une de mes lectrices de longue date m’a contacté pour me poser quelques questions sur l’alimentation bio, le surcoût que ça génère dans le budget, le temps que ça prend etc… Evidemment j’ai eu bien du mal à lui faire une réponse courte, et le constat m’a frappé: c’est vraiment un sujet qui me passionne, et il faut vraiment que je reprenne la motivation de rédiger des articles sur ce sujet (et tant d’autres).

Alors me voilà de retour dans ce petit espace dédié! Et aujourd’hui on va donc parler de ce que ça implique réellement de modifier sa consommation pour respecter sa santé et la planète. Combien ça coûte, combien de temps ça prend etc.. Et vous me connaissez, pas de langue de bois ici!

Manger pour respecter sa santé ET la planète, ça veut dire quoi, déjà?

Alors je vous donne ici MON point de vue bien sûr. Bien que je me sois énormément renseignée, que j’ai lu des tas de livres, d’articles etc… Je n’ai pas la science infuse et il n’y a pas que ma parole qui compte… A bon entendeur.

Coté santé, la base c’est plutôt simple: on ne mange que des produits qui sont faits (par la nature) pour être mangés. Et là il faudra que je vous parle de la compote au propylène glycol que j’ai préparé pour mini Mojo. Oui promis il y aura un contexte, n’appelez pas la DDASS tout de suite! Et côté environnement: nourrir les Hommes ne doit pas épuiser, ni même réduire les ressources de la planète.

Donc ensuite, si on déroule ces deux principes:

  • On mange bio, aucun pesticide ou autre substance douteuse n’a sa place dans notre corps, ni dans le corps d’un animal (et qui du coup va finir dans notre assiette), ni répandu dans l’air, dans l’eau ou sur terre.
  • On mange local: ça n’a pas de sens de faire parcourir plusieurs milliers de kilomètres à 1kg de fruits de la passion pour satisfaire nos papilles qui s’ennuient en hiver. Le pétrole et l’électricité nécessaire aux déplacements ne sont absolument pas gratuits pour la planète. A court et long terme.
  • On suit les saisons: ça n’a pas non plus de sens, de faire pousser des tomates sous serre, sous des dizaines de kilomètres de plastique, dont la culture requiert des milliers de litres d’eau quitte à assécher et transformer en désert la région de culture. Là on use complètement les ressources de notre planète.
  • On ne mange pas de viande dont l’élevage ne respecte pas les animaux en eux-mêmes (bon là on peut débattre sur le fait de tuer un animal pour nourrir l’Homme, mais je ne souhaite pas partir dans cette digression). Alors le mieux étant bien sûr de ne pas manger de viande, on peut déjà s’attacher à réduire sa consommation de viande (car l’élevage de viande est un fléau pour les ressources en eau) et à ne consommer que de la viande produite de façon « éthique ». C’est à dire un élevage biologique, de taille réduite, des animaux élevés dans de bonnes conditions, et une viande locale.

Pour résumer: bio, local, de saison et éthique.

(comment ça c’était pas la peine d’en faire tout un blabla?!)

Et alors, est-ce que ca coûte plus cher? Oui et non! Haha, non promis je ne me moque pas de vous. Oui si on compare deux produits « identiques » le bio est plus cher. Un kilo de tomate bio est normalement plus cher qu’un kilo de tomates issues de l’agriculture conventionnelle. Mais alors pourquoi j’ai dit non aussi? Parce que parfois un kilo de tomate acheté au producteur local, en plein cœur de la saison peut être moins cher qu’un kilo de tomates du supermarché qui viennent de très loin (même en France, ça peut être très loin…). Donc ça dépend…(mais ça dépasse, bref…)

Par contre, au rayon des produits transformés, là c’est clair que le bio est plus cher. C’est d’ailleurs le nouvel « attrape couillon » des supermarchés et autres grands magasins bio. Si vous remplacez simplement votre panier classique par les mêmes aliments en bio, là c’est sur c’est carrément la ruine. Mais ça tombe plutôt bien, car pour bien manger on a aussi dit qu’il ne fallait pas ingérer des substances douteuses… Et c’est pas parce que c’est bio qu’il n’y a que des bonnes choses dedans (pas du tout, vous la voyez l’arnaque « green » des supermarchés?). Vous savez le jambon peut être bio et nitrité. Bio ne signifie pas sans additifs! Et aucune restriction sur les quantités de sucre, sel et matières grasses pour être labellisé bio! La seule façon d’y échapper c’est de ne pas manger d’aliments transformés. Bye bye les sauces, biscuits, desserts, yaourts pour enfants, pâtes à tarte, plats surgelés, soupes, etc…

Donc oui, deuxième gros sujet à venir: le désormais classique « mais ça prend tellement de temps, j’ai pas le temps pour ça ». J’y reviendrai dans un article à suivre si vous le voulez bien, j’essaie de ne pas tout mélanger!

Revenons donc à la question : est-ce que ça coûte plus cher? Oui si vous ne modifiez pas vos habitudes de consommation, mais non, si le changement est global. Par exemple, je vais vous partager un extrait de notre budget alimentation.

On voit très bien la tendance! Nous sommes passés de 90% à 15% de supermarché entre janvier 2017 et maintenant (2 ans donc). Mais surtout ce qui m’a bien fait sourire en faisant ce graphique pour l’article, c’est de voir que la plus grosse bascule se fait juste après la naissance de Mini Mojo! La prise de conscience était déjà là avant qu’il arrive, mais le fait que je sois en congé maternité et, une fois l’accouchement passé, que j’ai retrouvé un régime alimentaire non anarchique nous a clairement permis de concrétiser. Les mois de congé mat’ nous ont permis de prendre une habitude solide que nous avons pu garder ensuite, quand j’ai repris le travail.

Pour ce qui est du budget réel, nous sommes passés de 400€ à 530€ par mois en moyenne. J’estime que l’augmentation n’est pas énorme vu qu’avant, on était deux, et on se fournissait exclusivement au supermarché. Les seuls légumes que je cuisinais étaient des courgettes / poivrons / tomates à la poêle, TOUTE l’année. Maintenant on est 3. Je fais tous les repas de mini Mojo (la nounou ne cuisine pas) et Mr Mojo et moi mangeons à la cantine le midi mais c’était déjà le cas avant. Mais surtout on mange tellement mieux!

Nous allons une fois par semaine à la ferme des producteurs pour y faire le plein de légumes, fruits, œufs, fromage et un peu de viande. Une fois par semaine aussi nous allons au magasin bio (là clairement c’est un magasin cher – vive les quartiers de bobos) pour y trouver des bananes, du jus de fruit, muesli, et quelques compléments occasionnels comme sauce tomate, tofu, galettes végétales toutes prêtes (personne n’est parfait).. et enfin environ une fois par mois, on va à l’épicerie vrac pour toute l’épicerie (pâtes, riz, lentilles, pois cassés, pois chiches, chocolat en poudre, farine, muesli, biscuits…), les produits ménagers et de toilette, etc. Et enfin tous les 2 mois environ, un passage au supermarché pour le lait, le beurre, les ferments lactiques, etc…

Ce qui fait la différence, c’est l’absence de superflu.

Des courses raisonnées (faites à pied avec enfant en poussette, donc on ne peut pas charger à l’infini), pas d’objets (en plastique!!) achetés car en promo ou autre envie subite car l’occasion se présente. D’ailleurs la plupart du temps, les courses sont les mêmes d’une semaine sur l’autre. Et puis pour tout ce que je trouve à la ferme par exemple, je ne me pose pas mille questions, je sais que c’est bio et local. Donc si il y en a dans le magasin, je prends. On en revient aux choix et au temps de cerveau disponible.

On ne va pas se mentir, manger de saison, en hiver c’est dur; surtout à la fin de l’hiver. Mars – Avril ça teste vraiment notre motivation. On n’a qu’une envie: le retour des légumes d’été. Mais du coup on savoure vraiment les légumes d’été quand ils sont là, qu’ils ont vraiment du goût.

Non ça ne coûte pas vraiment plus cher, mais il faut tout de même accepter d’accorder à ce poste de dépense une part conséquente de notre budget. Pour nous c’est non négociable, c’est notre priorité. Ça passe avant les loisirs, les vacances etc… C’est notre carburant et ce qui nous assurera une bonne santé future. Notre société actuelle n’a jamais dépensé si peu pour se nourrir mais n’a jamais dépensé autant que maintenant pour se soigner… Vous ne trouvez pas qu’il y a un problème? Souvent, on entend que les légumes ou la viande en direct des producteurs, c’est beaucoup trop cher. Mais par rapport à quel référentiel? Est-ce que la viande du supermarché n’est pas « trop peu chère »? Est-ce que la qualité, la traçabilité sont au rendez-vous? Est-ce que l’agriculteur parvient à vivre de son activité? (Vous avez 3 heures)

Je vous avais promis en début d’article qu’il n’y aurait pas de langue de bois ici, alors je dois tout de même vous avouer une vérité. Non ça ne coûte pas plus cher de bien manger, mais oui c’est un peu un truc de riche. Bim, ça y est c’est dit. J’exagère un chouilla mais c’était pour capter votre attention. Je m’explique. Pour bien manger sans que ça coûte plus cher il faut surtout de la disponibilité d’esprit. C’est ça la clé. Il faut être motivés, prendre le temps de se poser les bonnes questions, trouver où s’approvisionner, prendre le temps de cuisiner… Et clairement quand on a du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois, on n’a pas ça sur sa liste de priorités (malheureusement). Mais surtout il faut déjà avoir un budget à accorder à l’alimentation. En gros, pour pouvoir se consacrer à bien se nourrir, il faut déjà avoir assuré quelques autres fondamentaux dans sa vie.

Je vais terminer cette première partie sur une note un peu plus légère, car il faut tout de même que je vous raconte cette sombre histoire de compote au propylène glycol…

Pour bien manger, un de mes principaux conseils serait: regardez les étiquettes et ne faites pas confiance à l’industrie agro-alimentaire. C’est une chose de savoir qu’un produit est nocif, de vaguement savoir que dans ce qu’on mange il y a des trucs pas clean. Mais c’en est une autre de le voir écrit sur l’étiquette et donc de le manger sciemment. Et pour illustrer cela, voici l’anecdote de la compote.

Comme je vous le disais plus haut, je me suis énormément informée ces dernières années au sujet de l’alimentation, les lobbies, l’industrie agroalimentaire, etc… Donc je connais le manque de transparence des industriels. Et notamment, j’ai sur mes étagères de cuisine une petite bouteille d’extrait de vanille. Quand je fais des compotes de pommes pour mini Mojo (et pour nous aussi) j’en ajoute souvent quelques gouttes. Et j’avais vaguement dans un coin de ma tête que dans l’extrait de vanille du commerce il n’y a pas que de la vanille. Il y a quelques temps, mes parents sont allés en Martinique, je leur ai donc demandé de me rapporter de la bonne vanille de qualité (naïve que j’étais). Pensant bien faire (je vous épargne les détails de leur recherche de vraie vanille sur place) ils finissent par acheter un flacon d’extrait de vanille. A un prix très très raisonnable. On pourrait même dire pas assez cher pour être honnête… (dédicace à mon père pour cette expression!- coucou papa)

Ils me rapportent le flacon, et je suis trop contente d’en avoir une telle quantité. Quelques jours plus tard je fais une compote de pommes (bio of course), j’attrape donc le flacon pour y mettre quelques goutte d’extrait de vanille. Et là, je ne sais pas pourquoi je détaille l’étiquette. Et tout à la fin de la liste (donc dans la plus faible quantité) je vois: propylène glycol. WHAT!!!?? Le propylène glycol pour ceux qui ne le savent pas c’est (entre autres) avec ça qu’on fait l’antigel des voitures… Ca a beau être couramment utilisé comme additif alimentaire, ça n’en reste pas moins un produit qui n’a absolument rien à faire à l’intérieur de notre corps! Sur le coup donc, je n’ai que partiellement réfléchi et j’ai poursuivi comme d’habitude avec ma compote. Mais plus tard, quand mini Mojo dégustait sa compote, j’ai senti la vague de culpabilité m’envahir. La quantité de propylene glycol ingérée par mon fils était certes extrêmement faible, mais il était tout de même en train d’en ingérer, et c’est moi qui lui avait préparé son dessert. Maintenant que j’ai vu cette information sur l’étiquette en toutes lettres (et pas subtilement renommé E1520 pour passer incognito), il m’est tout simplement impossible d’utiliser ce flacon d’extrait de vanille. Il a donc fini à la poubelle.

Si je dis que je donne une compote bio à mon fils avec un émulsifiant dedans (moins de 0.9%) pas de problème, je suis une mère normale qui achète parfois des compotes au supermarché. Mais si je vous dis que je donne des compotes avec (toujours moins de 1% mais tout de même) du propylène glycol à mon fils, tout de suite ça sonne un peu mère indigne non?

Je suis donc convaincue que si tout le monde savait exactement ce qu’on ingère avec les produits issus de de l’agriculture conventionnelle ou bien de l’industrie agro-alimentaire, si les lobbies n’entretenaient pas notre ignorance, tout le monde mangerait bio, ça serait une évidence et il n’y aurait plus de débat sur le prix.

4 réflexions sur “Mieux manger, ce que ça implique vraiment – partie 1 le prix.

  1. coulaux dit :

    Article très complet et qui prend bien en compte les sentiments de chacun. J’ai moi aussi, avec la naissance de ma fille, commencer à mieux consommer.

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